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La lettre : reflet de la pensée d'une époque. samedi 14 décembre 2002, par Andréas Schweizer |
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Vers 1800, Giambattista Bodoni définissait l'écriture comme la plus belle, la plus ingénieuse et la plus profitable invention des hommes. Et il ajoutait : c'est au degré de ressemblance avec les plus beaux manuscrits qu'on mesure la perfection typographique. L'histoire de l'imprimerie est celle des presses. L'histoire de la composition typographique est celle des casses. Au départ il n'y en avait qu'une parce que le prix d'une police de caractères était celui d'une maison. Et qu'on écrivait un livre entier dans une seule dimension, dans un seul caractère. Leur nombre augmentera. On pourra utiliser plus de vingt dimensions d'un même caractère ou de plusieurs dans une même page. Les casses disparaîtront avec le plomb, ses blancs et ses garnitures. Reste donc à enseigner ce que les compagnons étaient seuls à savoir. Notamment : que les lettres et les signes ne sont qu'une moitié de la lisibilité. L'autre moitié ce sont les blancs : l'espacement, les interlignes et les marges. Aussi donc en des temps et des lieux différents furent créés des caractères différents. Dessinés, gravés, et jetés en moule ; Cochin, Bodoni, Garamond, Baskerville et autres caractères sont bien aussi des hommes épris de l'architecture de la lettre. Les lettres sont différentes pour différentes situations de lectures. Comme on les écrivait, les taillait, ou les peignait jusque là ! Aujourd'hui encore, on dessine des alphabets différents pour la lecture continue des livres, pour la lecture discontinue des dictionnaires, des journaux et des petites annonces. Pourquoi faut-il tant d'alphabets différents ? Réponse : ils expriment un besoin de diversité et de changements qui est la vie même de l'écriture et de ses inscriptions. Chacun sait ce qui est lisible pour lui-même et ce qui ne l'est pas. Ce qu'il faut lui enseigner, c'est que ce qui est lisible pour lui, ne l'est pas forcément pour les autres. Il ne nous reste plus qu'à faire voir qu'il y a des différences dans tout ce qui passe pour être acceptable aujourd'hui, qui ne l'était pas hier et qui ne le sera plus demain. Il est permis d'espérer que le plus récalcitrant saura qu'on a tout fait pour le rendre autonome. Et que l'on n'a rien fait pour l'enfermer dans un système, une idéologie, une orthodoxie ou une technologie. Et que la morale elle-même est avant tout une affaire de goûts. |
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SCHWEIZER Andréas Téléphone +41 79 304 14 64 E-mail andreasschweizer@gve.ch VIE ASSOCIATIVE typographie,patrimoine industriel, art, histoire des techniques Membre de la commission ICT , Académie Suisse des Sciences Techniques Membre de la commission histoire des techniques, Académie Suisse des Sciences Techniques Président de l'Association Lettres et Images, projet permanent de patrimoine industriel du Canton de Genève Président de l'Association pour le Patrimoine Industriel (API) de 1989 à 1999 Directeur et mobility manager à l'Association pour le Patrimoine industriel Membre de l'association d'artistes Visarte Membre fondateur groupe ICOMOS section patrimoine technique et industriel |
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